The Great Barrier Reef
Par Raphaël le vendredi 26 septembre 2008, 08h19 - Espace culture - Lien permanent
Je ne pouvais pas partir de Port Douglas sans faire un tour sur la Grande Barrière de Corail (Great Barrier Reef), le plus grand ensemble de récifs coralliens du monde et classé sur la liste du Patrimoine Mondial depuis 1981 par l’UNESCO. Il est situé au large du Queensland et s'étend sur 2 600 kilomètres, de Bundaberg à la pointe du Cape York. D'une superficie de 350 000 km², il peut être vu de l'espace. Le récif est considéré comme la plus grande structure vivante sur Terre. Il est parfois appelé le plus grand animal vivant du monde. La Grande barrière de corail compte plus de 2 000 îles et près de 3 000 récifs de toutes sortes. Ce paradis sous-marin renferme entre autres 1500 espèces de poissons, 4000 de mollusques et 400 de coraux ; il représente en outre l'habitat de plusieurs espèces menacées telles que le Dugong, la tortue verte et la tortue Carette. Cette journée à explorer cette merveille restera gravée à tout jamais dans ma mémoire. Une des plus belles choses que j’ai vues de l’Australie jusqu’à présent. Photos et récit… par ici.
Une journée dans un aquarium naturel
De nombreuses compagnies proposent des tours organisés avec plus de 100 personnes, ce qui laisse peu de place finallement au coté naturel d’une telle visite. D’autres compagnies, haut de gamme, proposent des journées « deluxe », avec 30 personnes maximum et un service client de proximité. Pour cette configuration, comptez environ $200 pour une journée de diving (plongée) ou snorkeling (masque et tuba) sur la Great Barrier Reef.
Finalement, je n’aurai pas eu à réfléchir trop longtemps dans la mesure où travailler en tant que Barman dans un Resort 4 étoiles présente quelques avantages non négligeables… Et notamment celui de pouvoir bénéficier de tarifs défiants toute concurrence en matière de visites touristiques. Nous sommes de vrais prescripteurs pour les clients et les compagnies s’empressent de nous proposer des tours à -50% ou gratuits pour que nous puissions ensuite recommander ces mêmes sociétés aux touristes fortunés. Pour ma part, j’ai pu obtenir un discount de 50% pour 1 journée snorkeling avec la compagnie Calypso, réputée pour la qualité de ses tours.
On peut apercevoir des récifs de la Grande Barrière de Corail près des côtes, mais les plus spectaculaires se trouvent à quelque 50 km du large. C’est ainsi que jeudi matin à 8h30 nous embarquons à bord du Calypso (on se croirait dans une émission du commandant Cousteau, mais il est ou l’homme au chapeau rouge ??) au Port de Port Douglas. A bord, c’est plutôt top confort, je sens que je vais passer une bonne journée. Let’s go ! L’équipage met les gaz et nous voilà partis en direction de la Grande Barrière de Corail. Je monte à l’étage supérieur ou des chaises longues bain de soleil m’attendent. Cool !! Toutefois, je comprends très rapidement qu’il va falloir que je regarde loin devant… le mouvement de la houle, assez fort ce jour là, fait apparaître chez moi une sensation bizarre… enfin j’me comprends :).
Après 01h30 de manège… tout le monde est bien content d’arriver, à voir les couleurs de chacun. Je suis plus qu’impatient d’enfiler mes palmes et de mettre mon masque pour aller explorer cette vaste biodiversité, ces eaux claires et chaudes (environ 25°C). J’aurai préféré faire de la plongée mais avec mes antécédents en matière d’oreille interne, je préfère rester prudent. L’avantage de la Grande Barrière de Corail est qu’avec de simples palmes, masque et tuba, vous pouvez visiter ce petit paradis. Ce n’est pas du tout profond et c’est à la portée de tous d’aller découvrir les merveilles de cet endroit. A peine 2 minutes dans l’eau que je peux déjà apercevoir des poissons et coraux de toutes les couleurs et de toutes les tailles : Morish Idol, Barramundi Cod, Tortues, Parrot, Anemones, Soft coral…C’est magique.
Cerise sur le gâteau, l’équipage se charge des photos afin que nous passions la totalité du temps à profiter. C’est ainsi que pendant près de 02h00, nous explorons la beauté de cet « aquarium » naturel. C’est aussi l’occasion de prendre conscience de la gravité du problème concernant la mort à petit feu de la Grande Barrière de Corail. Une grande partie du récif est aujourd'hui protégée par le Great Barrier Reef Marine Park. Elle est en danger à cause de la pollution marine, du réchauffement climatique et de la pêche. Il est utile ici d’expliquer un peu plus précisément les menaces qui pèsent sur cet écosystème fragile.
Les menaces naturelles
Dans cette région Nord Est de l'Australie, ce sont en moyenne quatre à cinq cyclones qui frappent chaque année. Heureusement ceux-ci n'ont pas seulement un effet destructeur sur le corail ; ils permettent aussi de "remodeler" régulièrement la Grande Barrière, engendrant un renouveau des récifs et une diversité des espèces vivantes toujours maintenue. Un autre exemple de danger naturel est l'étoile de mer "Crown-of-Thorns" (couronne d'épines), qui s'attache au corail et le dévore petit à petit. Lorsque leur nombre devient trop important, le corail se voit consommé plus vite qu'il ne grandit et la dégradation du récif devient alors inévitable. "Nettoyer" les fonds marins de cette espèce n'est pas une mince affaire ; les programmes mis en œuvre jusqu'à maintenant n'ont apporté que des solutions partielles (trop coûteuses, ou encore nocives à l'environnement). Le comportement de cette étoile de mer semble encore trop complexe pour être maîtrisé, à l'heure actuelle seuls les sites les plus touristiques en ont été presque débarrassés.
Les menaces majeures pour la Barrière de Corail restent de toute façon malheureusement les mêmes que celles que connaissent la plupart des sites du Patrimoine Mondial: le tourisme, la rentabilité économique, l'industrie, la pollution... bref, l'Homme.
Les menaces humaines
La Grande Barrière se situant relativement proche de la côte, elle se trouve directement exposée à toute forme de pollution de l'océan venant des terres et en particulier des rivières. Les nombreuses cultures de cannes à sucres notamment, ainsi que d'autres formes d'exploitations de la région du Queensland, génèrent des déchets (provenant entre autres des engrais) qui nuisent directement à la qualité de l'eau et donc aux récifs de corail. Ce conflit d'intérêts est particulièrement compliqué à gérer, mais le gouvernement prend de sérieuses mesures depuis quelques années pour réglementer précisément les produits utilisés en agriculture et dans l'industrie et suivre de très près la façon dont ils sont rejetés après utilisation.
Quant au tourisme, il est bien entendu comme d'habitude à double tranchant. Durant cette journée, j’ai pu constater, à mon échelle, l'impact que peuvent avoir les millions de touristes et de plongeurs qui parcourent les récifs. Financièrement parlant, le tourisme lié à la barrière de corail (plongée mais également voile, survol en avion,...) fait pour ainsi dire vivre toute une partie de cet état et représente un gain tout sauf négligeable pour le pays. Il est de ce fait indispensable de soigner au mieux cette fragile richesse naturelle, toute dégradation ne pouvant que nuire à sa réputation et à son attractivité. J’ai également également payé une "taxe de récif" de 5 dollars australiens qui contribue vraisemblablement à la conservation de la Grande Barrière. De ce point de vue, l'important flux touristique apporte en quelque sorte un gage de qualité et d'attention vis-à-vis du site. En contrepartie il est évident que la présence ininterrompue de visiteurs "use" forcément les récifs : pollution des bateaux, coups de palmes des plongeurs sur le corail, perturbation des animaux,... Il faut néanmoins reconnaître que la plongée en Australie est particulièrement réglementée et que tout est fait pour limiter ses effets néfastes. Par exemple, il est interdit aux bateaux d'utiliser une ancre ; sur chaque site de plongée un bloc de ciment est installé au fond de l'eau sur lequel chaque bateau doit s'amarrer.
Bref, je n’ai pas été déçu de cette journée de part la beauté de ces fonds sous-marins, la densité et la variété de la vie qui les parcourt. Reste à savoir quel sera l’avenir de cet endroit menacé par les dérives touristiques et industrielles. Toutefois, le gouvernement Australien n’est pas le dernier en matière de mesures environnementales et au vu de l’enjeu économique, nous pouvons rester positifs.
Je vous laisse maintenant parcourir les photos qui vous parleront plus que ces quelques lignes.




Commentaires
Ooooooooh whaaaa !!
Magnifique !! Superbe !! Splendide ;)
eh ben, c'est vraiment le paradis, là bas,...tu me ramène des poissons pour mon aquarium!
biz
Hey Bushy !
Dis moi... c'est quoi ce corail (ou molusque) qui traine au fond de l'eau? (5249863489287254114)
oui oui oui je suis sûr que tu sais duquel je parle... petit coquin!
Et félicitation si toutes les photos viennent de toi!
Bise mon lapin aquatique
Hey ma tanchoulle,
Que dis-tu de "schneck" pour ce magnifique molusque ;-)). Enfin on s'comprend...
Concernant les photos, je n'ai pas eu à m'occuper de celles-ci car l'équipage s'est chargé de les prendre tout au long de la journée. Mais je te confirme que c'est bien les photos du trip.
Cheers!
salut raph
les photos sont sympas, j'imagine qu'en live c'est encore mieux
c vraiment cool pour toi
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